Depuis une quinzaine d’années notre PAF (paysage audiovisuel français pour ceux qui ne sauraient pas) a été bouleversé par l’apparition des « reality show ». Sans vouloir énumérer les sous catégories de cette grande famille, le fait est là : venus, parait-il d’outre atlantique, puisque toute nouveauté télévisuelle se doit de porter l’étiquette made in USA, ils grignotent les tranches horaires de la Une jusqu’à la Six jusqu’à repousser la moindre émission culturelle aux alentours de minuit !
De vrais gens qu’on visite dans leur vraie maison avec leurs vrais enfants, leurs vrais chiens et leurs vrais problèmes… que la télé va résoudre en direct, bien évidement. Personnellement c’est l’espèce que je préfère. Elle me fait voyager dans le grand rêve français : l’accession à la propriété par le lotissement, toujours roses les maisons de Dunkerque à Perpignan ! C’est ici que les fabricants d’images étalent tout leur savoir faire : arriver à faire croire qu’on fait du vrai avec du vrai alors que la présence assumée de la caméra a faussé la donne dès le départ. Qu’importe, l’audimat suit et quand il parle l’audimat il n’y a plus qu’à se taire, qu’importe puisque nous le voyons de nos yeux : le messie est enfin descendu sur terre, la télé soigne, la télé guérit, la télé sauve ! L’artiste, le créateur est enfin dépassé, repoussé dans les cordes de l’accessoire désuet, renvoyé au musée de l’ORTF puisqu’il nous plait de croire que le réel est enfin livré à nos yeux ébahis. Une télé objective au service d’une société efficace, une télé utile au service d’une société réaliste.
Le petit écran n’est plus ce qu’il a prétendu être dans sa petite enfance : une fenêtre ouverte sur le monde, un lieu de connaissance ou de divertissement, il devient une vieille malle qu’on entrouvre pour en sortir du linge sale. Le linge sale des autres qu’on regarde par le trou de la serrure.
Si le téléspectateur est roi, c’est un roi exigeant. Il a un gros défaut, celui de se lasser très vite. Alors après Ma femme me quitte, Je me bats avec mes voisins, Mes enfants me bouffent, Je dois absolument maigrir, J’ai trop emprunté, Je suis sale comme un peigne, quelle idée neuve pourra protéger de la perte d’audience, quelle idée neuve saura éviter le zapping ? Dans cette farce au vitriol se cache l’arme absolue, l’aboutissement de l’absurdité : le suicide en direct.
Distribution
- Mise en scène : Gilles GRANOUILLET
- Avec : Heidi BECKER BABEL, Christine JOLY, Dominique LAIDET et Raphaêl PIGACHE
- Lumières : Jérôme AUBERT
- Musique : FISTO & Obstynato
- Vidéo : Richard GRATAS
- Costumes : Stéphanie LHOPITAL
- Maquillages / Coiffure : Pascal JEHAN
Diffusion
- MONTBRISON (42) / Théâtre des Pénitents / 5 et 6 novembre 2009 / 20h30
- VILLEURBANNE (69) / Amphthéâtre Astrée /12 et 13 novembre 2009 / 20h30
- PIERRE BENITE (69) / Maison du Peuple / 27 novembre 2009 / 20h30
- ECHIROLLES (38) / La Rampe / 22 et 23 janvier 2010 / 20h00
- SAINT GENEST LERPT (42) / Salle Louis Richard / 29 janvier 2010 / 20h30
- SORBIERS (42) / L’Echappé / 5 février 2010 / 20h30
- SAINT ETIENNE (42) / Opéra Théâtre / 9, 10 et 11 février 2010 / 20h30
- YSSINGEAUX (43) / Théâtre Municipal / 5 mars 2010 / 20h30
Contact
- Production : Sophie PRESUMEY : 04 77 47 01 31
- Diffusion : Raphaël GRANGE : 06 42 74 47 15